Cette solognote recherche les personnes disparues avec son chien

Clarisse Gilbert, 51 ans, est une « héroïne » discrète de Romorantin-Lanthenay. Avec sa chienne Macaï, elle traque les disparus grâce à l’odorat surdéveloppé de son compagnon à quatre pattes. Suives-nous dans son quotidien ou la confiance et la complicité sauvent des vies.

Clarisse Gilbert le répète avec conviction : le mantrailing n’est pas qu’un loisir. « Il y en a qui le pratiquent en sport, d’autres pour ensuite faire du réel, et moi, je le pratique pour faire du réel », explique-t-elle. Derrière ce terme technique se cache une discipline à la fois exigeante et profondément humaine. Son association peut être sollicitée par la police ou des familles en détresse pour retrouver des personnes disparues. « On peut être appelé pour chercher des gens », précise-t-elle, soulignant l’aspect concret et parfois dramatique de son engagement. Mais le mantrailing est aussi une parenthèse joyeuse pour ceux qui viennent simplement « passer une bonne journée avec d’autres gens et leurs chiens ». D’ailleurs, si vous voulez entendre Clarisse quand elle évoque sa passion et son amour pour sa chienne, vous pouvez simplement cliquer sur le bouton bleu qui est en haut de cette page pour lancer l’écoute de son interview.

C’est une alano espagnol au nom évocateur : Macaï. « J’ai pris ce chien-là parce que c’est un chien de chasse espagnol », raconte Clarisse. Si tous les chiens possèdent un odorat développé – « le premier sens qui se développe chez eux, c’est l’odorat pour trouver la mamelle » –, certains sont plus adaptés que d’autres à cette tâche. Les races brachycéphales, comme les bouledogues, peinent sur les longues distances. « Ce n’est pas qu’ils ont moins d’odorat, le problème, c’est qu’ils vont être moins capables de travailler sur des longues distances », explique-t-elle. Macaï, elle, est taillée pour l’aventure. Tenue en longe, elle forme avec Clarisse un duo inséparable, où la confiance est reine. « Cette longe, c’est un cordon ombilical », souligne-t-elle. Si le maître doute, le chien le sent et abandonne la piste. illustration agrandir l'image

Comment un chien parvient-il à suivre une piste humaine ? Clarisse Gilbert lève le voile sur ce mystère. « Il doit suivre le tracé qu’un autre humain a fait », détaille-t-elle. Pas besoin de se frotter à des objets : il suffit d’avoir marché. « Tous les deux, on est en train de mélanger nos odeurs », illustre-t-elle en désignant l’espace entre elle et Vincent James, notre animateur radio d’ici Orléans. « On fait ce qu’on appelle un pool d’odeur : notre odeur grandit, grandit, grandit sur la place. » Une réalité imperceptible pour nous, mais évidente pour un chien. « Il est capable de parfaitement faire la distinction entre vous et moi, même si on est côte à côte », s’émerveille-t-elle. Une prouesse qui repose sur des années d’entraînement et une complicité sans faille.

Clarisse pratique le mantrailing depuis « un peu plus de 10 ans ». Une aventure née d’un besoin personnel. « J’avais un chien qui était sensible sur les humains, qui avait eu une mauvaise expérience », confie-t-elle. Son objectif ? « Qu’il ait un peu plus confiance en l’humain. » Le déclic ? Réaliser que « l’humain me donne une récompense même quand je ne le connais pas ». Une révélation qui a transformé sa relation avec son chien et l’a poussée à se former. Aujourd’hui, elle transmet cette philosophie : « Ça leur apprend à lâcher prise. On a pour habitude de contrôler notre chien tout le temps, sauf que là, ce n’est pas nous qui savons où est l’odeur, c’est le chien qui sait. » Une leçon de vie, bien au-delà des pistes à suivre.

Derrière chaque intervention, il y a des familles en attente, des vies en suspens. Clarisse et Macaï ne sont pas des super-héros, mais leur travail change des destins. « On ne contrôle pas, on fait confiance », résume-t-elle, une maxime qui résonne bien au-delà du mantrailing. Leur histoire rappelle que les plus belles aventures naissent souvent d’une rencontre – entre une femme et son chien, entre une passion et une mission. Et si le plus grand talent de Clarisse était, finalement, de rendre l’invisible visible ?

Un territoire se raconte avant tout à travers les femmes et les hommes qui le font évoluer chaque jour. Ici, chez nous, entrepreneurs, agriculteurs, artisans, artistes ou encore créateurs participent tous, à leur manière, à la vitalité et à la richesse de nos départements. Avec la série « Les gens d’ici », votre radio de proximité part à la rencontre de ces acteurs du quotidien qui contribuent à façonner l’identité locale. Entre héritage, savoir‑faire et projets novateurs, leurs parcours témoignent d’un Loiret dynamique, créatif et profondément humain.

Micro à la main, Vincent James parcourt le Loiret et le Loir-et-Cher pour aller à la rencontre de ces personnalités locales. D’Orléans au Gâtinais, en passant par le Pithiverais et la Sologne, chaque épisode invite à découvrir l’histoire, la passion et le cheminement d’un invité. Des échanges naturels et chaleureux qui mettent en lumière la diversité des talents et l’énergie qui font vivre notre territoire.

Avec « Les gens d’ici », plongez dans des récits sincères et inspirants qui offrent un regard différent sur notre région. Tous les épisodes déjà diffusés à l’antenne sont disponibles gratuitement en ligne : il vous suffit simplement de  ou de parcourir cette page vers le bas pour retrouver les émissions déjà passées à l’antenne.Un format audio simple et accessible, idéal à écouter où vous voulez : en voiture, pendant une pause ou lors d’un moment de détente. 🎧